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Publié par la cgtr

PRIME DOUBLÉE, MAIS À LA RUE !

Jocelyn Rivière, délégué CGTR de la SIB, comme ses ex-camarades de l’entreprise, vient de recevoir sa « prime annuelle d’intéressement ». Il se trouve que celle-ci est deux fois plus importante que les années précédentes. Serait-ce parce que les profits de la SIB ont été multipliés par deux après s’être débarrassée en avril des 32 salariés de l’usine du Port ?

Une prime au licenciement en quelque sorte avec à la clé 32 pères de famille mis sur le carreau.

Quand on pense que les partisans du système capitaliste nous expliquent que pour développer l’emploi, il faut que les patrons fassent du profit. On a la preuve ici que cette logique mène exactement au résultat inverse.

Non, pour préserver l’emploi il faut prendre sur les profits, sinon ce sont les travailleurs qui trinquent !

LE CYNISME DES PATRONS

Le Canard enchaîné a révélé que le président du Medef, Pierre Gattaz, s’était augmenté de 29 % en 2013, en tant que patron de Radiall. Sa rémunération annuelle est ainsi passée de 329 189 € à 426 092 €.

Ce même Gattaz parlait il y a quelques jours d’« exigence d’exemplarité » pour les patrons qui « doivent modérer leur rémunération par solidarité ».

Pour se justifier, il a déclaré : « quand on crée de la richesse, on la distribue ». Il aurait dû dire : « quand les travailleurs créent de la richesse, je me la distribue ».

ÇA CARBURE POUR LES PROFITS

À l’annonce gouvernementale d’une restriction de vente de produits alcoolisés dans les stations essence, les gérants de ces établissements ont poussé des hauts cris, menaçant une fois de plus de licencier une partie de leurs salariés si le gouvernement maintenait sa décision.

En fait, le poste vente de l’alcool est celui sur lequel les stations "réalisent le plus de marges, devant les trois autres piliers que sont la vente de carburant, le snacking et la vente de cigarettes", a déclaré un membre du bureau du syndicat réunionnais des exploitants de stations-service (SRESS) .

Pour avoir un ordre d'idée, la marge réalisée sur la vente de cigarettes oscille à 9%. Toutes ventes confondues, une station réalise une marge d'environ 15%. D’où le stress du SRESS !

Quant aux employés de ces stations, vente d’alcool ou pas leur salaires restent toujours les mêmes avec le même degré d’exploitation. C’est bien celui là qu’il faudrait faire baisser.

SAINT PAUL : LES MÉDAILLES POUR LE PERSONNEL, L’ARGENT POUR LES ÉLUS

Lundi 12 mai, Joseph Sinimalé, nouveau maire de droite de Saint Paul remettait les médailles du Travail à une cinquantaine d’employés communaux.

A cette occasion il a déclaré : « Le travail, c’est la vie », « Le travail, c’est une bénédiction, pas une malédiction », « Être présent pour apporter une solution aux problèmes personnels de chacun d’entre vous, c’est là le travail du maire », accompagnant ses bonnes paroles d’une prime de 500 à 1000 euros pour celles et ceux qui ont consacrés 20 à 30 années de leur vie au service de la commune.

Quelques jours auparavant il avait décidé d’augmenter ses émoluments de maire et président de TCO de 3000 € mensuels, non pas 30 ans après avoir travaillé pour la commune, mais un mois après avoir été élu.

C’est ce qui s’appelle de la reconnaissance professionnelle !

COOPÉRATION RÉGIONALE OU COURSE AUX PROFITS ?

Bon nombre de sociétés importantes exerçant à la Réunion ont aussi un pied dans bien d’autres pays, en particulier en Afrique ou en Asie. Des groupes comme Tereos (pour la canne à sucre), le groupe Bourbon (pêche, assistance offshore pour le pétrole), EDF pour l’électricité, la SAUR pour l’eau, et bien sûr les banques, les grands groupes alimentaires, Bolloré pour les ports ou l’eau) se vantent d’entretenir une « coopération » voire de développer des actions humanitaires (dernier exemple, l’intervention de la Cise au Centre Afrique).

Mais en fait ce que visent ces trusts, ce n’est pas de venir en aide aux pays sous-développés, aux populations en difficulté, c’est de mettre la main sur de nouveaux marchés. Et cela se fait souvent dans le cadre de privatisations d’entreprises publiques, avec tout ce que cela signifie comme inconvénients pour la population la plus démunie : augmentation des tarifs, coupure d’eau ou d’électricité pour ceux qui y ont accès.

Dans le cadre du système capitaliste, c’est le profit qui prévaut sur tout le reste. La véritable coopération sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes quand ils feront tourner l’économie pour répondre aux besoins des populations.

Bulletin de l'URE CGTR du 13 mai 2014

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