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Publié par la cgtr

MOTION DE L’INTER-SYNDICAL

FO-FSU-CGTR-SOLIDAIRES-CFTC-UNSA-UNEF-SAIPER

Monsieur Le Premier Ministre, la situation socio-économique de La REUNION ne cesse de se dégrader.

Avec 343000 personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté sur une population de 840000 habitants, La REUNION est un département « HORS NORME ». Il faut comparer à des territoires deux à trois fois plus peuplés ou regrouper plusieurs départements métropolitains de même taille pour retrouver un nombre de pauvres aussi élevé.

L’absence d’emplois et des revenus d’activité insuffisants expliquent principalement cette situation. Elle a pour conséquence un recours massifs aux minima-sociaux qui concernent 150000 foyers et 240000 personnes.

La précarité touche plus particulièrement les personnes âgées et les jeunes, 40% des plus de 65 ans et la moitié des moins de 20 ans sont dans une grande pauvreté.

Le taux de chômage à La REUNION bat tous les records, oscillant autour de 30% de la population active soit plus de 17300 personnes. Si La France comptait 10 millions de chômeurs, quelle serait la réaction du gouvernement et de la population Métropolitaine ?

Plus de 25000 ménages sont en attente de logement, sachant que la construction d’un logement crée 1,5 emploi ; La REUNION comptera 1 million d’habitants dans quelques années. Aujourd’hui c’est toute la filière du BTP qui est dans le rouge : architectes, bureaux d’études, économistes, recycleurs, SPS, bâtisseurs …. Le BTP a licencié plus de 10 000 salariés ce sont pourtant des travailleurs formés, opérationnels, il faut donc prendre des mesures d’urgence. La suppression de l’allocation logement accession à compter du 1er janvier 2016, c’est encore une mesure qui va faire beaucoup de mal au BTP. Conséquences : 600 projets d’accession à la propriété et d’amélioration de l’habitat que les ménages ne pourront pas finaliser, 45 millions d’euros d’investissements en moins dans le BTP/an et entrainant la disparition de 900 emplois directs et la disparition de près de 300 petites entreprises du BTP.

Ces situations engendrent aussi du travail informel qui est nuisible à toute l’économie. Pourquoi l’investissement par habitant ici est de 1560euros alors qu’il est de 2600 euros en métropole cette injustice ne peut plus durer, et ce d’autant que cette différence si elle est corrigée peut relancer le BTP, contrairement à ce ce qu’on peut entendre, ce ne sont pas les salaires qui posent problème sur notre territoire ; la relance de l’économie passera par l’activité et l’activité seule.

De même, la situation du marché de la téléphonie mobile et notamment la structuration en cours nous interpellent quant à son impact sur l’emploi, la formation, la situation d’oligopole et le pouvoir d’achat des Réunionnais.

Plus encore, concernant un secteur stratégique, nous estimons qu’il y a nécessité de développer un projet de territoire pour « sortir » de la dépendance de l’économie réunionnaise face à des intérêts extérieurs permettant ainsi de répondre aux besoins de sa sécurisation, interne et externe.

Nous demandons que ces éléments soient pleinement pris en compte dans les décisions à venir dans ce domaine pour notre département.

La combinaison de la crise conjoncturelle de la crise, structurelle et des choix politiques erronés, affecte l’activité économique.

La poursuite de la croissance démographique amplifie les défis dans tous les domaines emploi, logement, éducation, aménagement, déplacement.

Une autre politique économique et social est urgemment nécessaire.

Mr le Président de la République a déclaré aux Antilles son accord pour une égalité réelle dans les DOM.

C’est pourquoi nous aimerions connaître vos propositions au regard de ce principe d’égalité dans les domaines précités, et savoir si celle-ci seraient de nature à déboucher sur :

  • La fin des inégalités et de toutes discriminations

  • La reconnaissance de la responsabilité des Réunionnais dans la conduite des affaires de leurs pays

  • Un plan de rattrapage dans les services publics ....

Vous avez déclaré « qu’il faut s’attaquer à l’apartheid social ».

Nous partageons cette analyse mais la situation de pauvreté dans notre île ! Quand 52% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ! Un diagnostic territorial a été validé par la préfecture, il est plus que temps d’agir.

Alors que la vie chère est toujours là, et pour longtemps encore, les salaires et les prestations sociales sont à la traine ; nous revendiquons une augmentation des salaires pour tous, y compris les minimas –sociaux, une allocation autonomie pour les jeunes, sans oublier les retraites ; sur ces questions l’inter syndical va lancer bientôt une campagne de mobilisation.

Il faut accompagner en tant que besoin les petits entrepreneurs toutefois cela doit se faire sans affaiblir la protection sociale, au contraire des effets induits par les mesures d’exonération toujours plus importantes contenues dans le Pacte de Responsabilité ou le CICE notamment.

Les conventions collectives (CCN) ne sont pas applicables automatiquement du fait de l’article 16 de la loi, c’est une injustice de plus !

Les conditions de vie au travail et celle du dialogue social vont se détériorer du fait de certaines lois qui ne sont pas adapté par rapport à notre tissu économique ou 90% des entreprises sont des TPE avec moins de 10 salariés.

Les politiques de défiscalisation et d’exonération des cotisations sociales n’ont pas créé d’emplois. Nous faisons la différence entre les grosses entreprises et multinationales qui captent l’essentiel de la manne financière et les petits artisans qui sont victimes de la sous de la sous-traitance. Beaucoup souffrent également d’une concurrence déloyale entretenue par ces groupes qui recherchent toujours plus de profits.

La conditionnalité (sélectivité) des aides en lien avec une réelle évaluation des politiques publiques posant la responsabilité du patronat au regard du territoire doit être une réalité.

Il n’y aura pas de développement sans justice sociale.

Notre société ne peut vivre sans que le salariat (y compris les demandeurs d’emploi) ne soit reconnu comme producteur de richesse et non pas comme un coût.

Il n’y aura pas non plus de développement sans une politique d’emploi publics ambitieux et adaptées à la situation locale : au taux de chômage endémique et à un taux d’illettrisme toujours pas résorbé (110 000 personnes concernées) s’ajoute un niveau d’emploi précaire déraisonnable en particulier dans les collectivités. Le plan drastique de réduction des dépenses publiques lié au pacte de responsabilité ne fera qu’aggraver une situation déjà fragile. Les secteurs publics doivent être repensés eux aussi comme producteurs de richesses et non comme une charge.

En conclusion :

Monsieur Le Premier Ministre, nous ne pouvons que souscrire à la nécessité impérieuse d’atteindre l’égalité réelle. L’inter syndical ici présente est prête à y travailler et à porter les propositions des salariés et de la population réunionnaise, afin d’écrire un nouveau projet Réunionnais plus juste et plus humain.

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