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Publié par la cgtr

Bulletin URE CGTR du 28 juillet 2015

EXPLOITATION À LA CHAINE

Depuis l'ouverture de la nouvelle usine de Crête d'Or située à l'Étang-Salé il y a sept mois, la cadence de travail et les pressions sont telles qu'il y a eu déjà 18 accidents de travail : doigts écrasés, coupures, chutes d'objets divers. Les ouvriers travaillent à présent en équipes 24 heures sur 24.
Pourtant, avant l'ouverture du nouvel abattoir la direction de l'usine prétendait mettre tout en œuvre pour améliorer notoirement les conditions de travail des ouvriers. Elle affirmait même que « l'automatisation de la chaîne ne l'empêcherait pas de penser à ses salariés » et que « deux ergonomes avaient travaillé plusieurs semaines avec les dirigeants pour adapter les postes de travail dans le but de diminuer la pénibilité et le risque des maladies professionnelles».
La direction de Crête d'Or a surtout veillé à augmenter la productivité : cette unité ultra moderne est capable de produire trois fois plus qu'auparavant dans les anciennes structures éclatées. Ceci a été rendu possible grâce aux aides publiques accordées par la Région, l'État et l'Europe et après avoir fermé l'an dernier l'usine de Grand matin à Salazie, supprimant en même temps plusieurs dizaines d'emplois.
Aujourd'hui, la productivité est au rendez-vous et les profits des actionnaires aussi mais pas les salaires des ouvriers qui n'ont été augmentés que de 17 euros net.
Les capitalistes de Crête d'Or se vantent de produire local. Mais pour être compétitifs face aux productions étrangères, gagner de nouvelles parts de marché et engranger des profits, ils continuent à pressurer les travailleurs en leur imposant des bas salaires et des cadences infernales.
Cependant, les dernières grèves qui ont bloqué la production à l'Étang-Salé montrent que les salariés ne veulent pas se faire plumer éternellement !

VOUS AVEZ DIT « SIMPLIFICATION » ?

Un rapport remis au gouvernement préconise de simplifier le bulletin de paie, en en réduisant le nombre de rubriques. En France, la fiche de paie compte jusqu’à 50 lignes contre 14 ou 15 en Allemagne ou aux USA. Supprimer des lignes rendrait le bulletin de paie plus lisible, dit-on.
Pourtant, à 50 lignes ou moins, ce qu’on y voit est parfaitement clair : nos salaires sont trop bas !
L’augmentation générale des salaires, cela simplifierait la vie des travailleurs et de leur famille.

LE CHÔMAGE SE COMBAT... PAR LA LUTTE !

En un mois, entre mai et juin, le chômage a grimpé de 1,1%. Pôle emploi a enregistré 1440 chômeurs de plus dans la catégorie A. C'est la deuxième hausse mensuelle consécutive et le nombre total de chômeurs inscrits est désormais de 159 600 ; 1,4% de plus que l'an dernier. Ce résultat est d'autant plus mauvais que 9870 chômeurs ont été radiés des listes de Pôle Emploi en juin.
La responsabilité du chômage incombe avant tout aux patrons qui continuent de licencier, qui abusent des contrats précaires avec le coup de main du gouvernement qui leur offrent sur un plateau une main d’œuvre à bon marché.
Quant à l'État, au lieu de créer les emplois pérennes dans les services utiles à la population, il réduit lui-même les effectifs tout en bloquant les salaires ou, au mieux, utilise à son tour les contrats aidés qui servent en réalité que de cache misère.
Alors que des milliers de personnes à la Réunion sont privés d'emploi, les patrons font faire à ceux qui ont encore la chance d'avoir un travail des heures supplémentaires parfois pas payées, leur imposent la flexibilité dans le temps de travail pour faire toujours plus de profits.
Ainsi donc l'argument développé ces dernières années par le patronat et le gouvernement selon lequel les aides publiques et la flexibilité de l'emploi permettraient de faire baisser le chômage se révèle être une vaste fumisterie.
Leurs agissements ne font qu'enfoncer les travailleurs et les chômeurs dans des difficultés sans fin.
Pour mettre fin à la spirale infernale de l'insécurité dans l'emploi et à l'exploitation patronale, les travailleurs doivent imposer par leurs luttes des revendications immédiates comme l'interdiction des licenciements, la création d'emploi par la répartition du travail entre tous sans baisse de salaire.

DANS LA LOI MACRON RIEN N'EST BON

La loi Macron que condamne vivement la CGTR vient d'être adoptée par le parlement. Parmi les mesures scélérates imposées par le grand patronat et orchestrées par le gouvernement il y en a qui concernent les procédures prud'homales et les indemnités que peuvent espérées gagner les travailleurs à l'issue de leurs recours.
Le gouvernement a introduit dans la loi Macron le plafonnement des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Les montants sont désormais plafonnés à douze mois maximum pour les entreprises de moins de 20 salariés et à 20 mois pour les entreprises de 20 à 299 salariés ; le minimum étant de deux mois !
Dans les entreprises de plus de 300 salariés, le plafond sera de 4 mois maximum pour une ancienneté inférieure à deux ans, de minimum 6 mois et maximum 12 mois en cas d'ancienneté comprise entre deux et dix ans et de 6 mois minimum et 27 mois maximum pour une ancienneté de plus de dix ans.
Jusqu'à présent, si le licenciement était dépourvu de cause réelle et sérieuse, les dommages et intérêts ne pouvaient être inférieurs à six mois de salaires pour un salarié ayant deux ans d'ancienneté dans une entreprise de d'au moins 11 salariés. Dans les entreprises de moins de 11 l'indemnité pour préjudice restait à l'application du Conseil.
C'est une attaque de plus affligée aux travailleurs par le patronat et le gouvernement à son service que les travailleurs doivent repoussée de toutes leurs forces.

BCO, C'EST PAS BEAU !

Outre les barèmes d'indemnités, la loi Macron instaure de nouvelles procédures « accélérées » dans l'objectif de raccourcir les délais de traitements des contentieux aux prud'hommes.
Sous prétexte de faire gagner du temps aux salariés qui trouveraient trop long les procédures prud'homales, le gouvernement soucieux de notre bien être moral et financier, a mis en place un nouvelle procédure baptisée BCO pour bureau de conciliation et d'orientation, qui pourra juger une affaire quand l'une des deux parties ne comparaîtra pas à l'audience de conciliation.
Ce bureau aura également, si le litige porte sur un licenciement ou une demande de résiliation judiciaire et que les parties sont d'accord pour le faire, la capacité de renvoyer l'affaire devant un bureau de jugement restreint qui devra statuer dans un délai de trois mois.
Le BCO aura la possibilité de renvoyer l'affaire en « départage » devant un juge issu du tribunal de grande instance.
Grâce à la Loi Macron, les jugements aux prud'hommes seront donc plus expéditifs pour le plus grand plaisir du patronat qui se plaint de trop souffrir des recours de la part des salariés.
La seule loi que les patrons ne peuvent dictée c’est celle imposée par les travailleurs par la grève !

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