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Publié par la cgtr

Bulletin de l'URE CGTR du 18 août 2015

AQUANOR : UNE GRÈVE VICTORIEUSE

Les employés d'Aquanor à Saint Denis ont repris le travail mardi 18 août après dix jours de grève sur plusieurs reculs de leur direction : l'engagement de leur patron à ne pas licencier une de leurs collègues de travail, la création d'un poste supplémentaire de surveillant de bassin, l'instauration d'une prime d'intéressement et un changement de coefficient dans la grille de la convention collective ainsi que le paiement des jours de grève. Seul point non réglé, le devenir des contrats aidés pour lesquels les grévistes demandaient le retour à leurs CDI d'origine.

Une fois de plus la solidarité et la lutte ont eu raison des injustices dont sont trop souvent victimes les salariés.

LE PORT : GRÈVE DES DOCKERS

Les 81 dockers de la Société Georges Michel (SGM) ont repris le travail le 14 août après 9 jours de grève.

Mécontents des propositions de leur patron lors des NAO, les travailleurs soutenus par la CGTR se sont mis en grève en réclamant 2,5 % d’augmentation de salaires et une prime exceptionnelle de 1000 euros.

La SGM ne leur proposait en tout et pour tout que 1 % d'augmentation. Les dockers ne s'en sont pas laissés compter avançant que la SGM avait augmenté son chiffre d'affaire de 7 % en 2014.

Les dirigeants de la SGM prétendaient aussi que les salaires avaient déjà augmenté de 9 % l'an dernier en omettant de préciser que ce n'était en fait que la contrepartie des nombreuses heures supplémentaires qu'ils obligeaient les dockers à effectuer pour compenser le déficit d'emplois dans l'entreprise.

Pendant le conflit, les dockers ont dénoncé leurs conditions de travail, en particulier les astreintes sept jours sur sept pour se tenir disponibles pour tout déchargement de navire jugé urgent par la SGM.

Par leur grève, les dockers ont fait savoir à la SGM qu'ils refusaient d'être corvéables à merci et pas payés de retour.

Au bout de 9 jours de blocage partiel du port, les dockers ont obtenu 1,5% de valorisation de salaire, rétroactif au 1er juillet et 750 euros de prime.

Ce recul de leur patron n'est qu'une faible contrepartie de la richesse qu'ils contribuent à créer et dont se gavent les actionnaires.

Habituellement, ce sont les dockers de la SGM qui ouvrent la voie aux NAO dans les autres sociétés de manutentions du port. Leur mobilisation peut être un encouragement pour les dockers travaillant pour les autres acconiers à entrer en lutte si leurs patrons décident de les mener en bateau.

Durant la grève des travailleurs de SGM, les autres patrons du GIE SERMAT (SAMR et SOMACOM) ont laissé entendre qu’ils craignaient une extension du mouvement à leur entreprise.

C’est tout le mal que la CGTR leur souhaite !

GRÈVE À LA JIRAMA (MADAGASCAR)

La situation économique et sociale est catastrophique à Madagascar. Un exemple emblématique de ce délitement général est l'incapacité du pays à produire son électricité en quantité suffisante. Les groupes de production de l'entreprise nationale d'électricité, la Jirama, sont en nombre insuffisant, ils sont si âgés et si peu entretenus faute de dotations suffisantes de l'État (celles-ci sont passées de 94 millions d'euros à 62,5 millions) que la Jirama procède quotidiennement à des délestages de plusieurs heures, sans compter qu'une forte proportion de la population n'a tout simplement pas accès à cette énergie faute de réseau existant et/ou de moyens financiers.

Les coupures ayant engendré ces derniers temps la montée du mécontentement dans la population, le gouvernement incapable de régler lui-même le problème n'a rien trouvé de mieux que de faire appel à une entreprise américaine, Symbion Power, pour s'occuper de la gestion de la centrale Manroseza qui alimente la capitale, Antananarivo. Ce n'est pas la première fois que le gouvernement procède ainsi puisque que pour pallier sa gabegie il oblige la Jirama à acheter à prix d'or la production d'électricité de sociétés privées, ce qui a pour effet d'assécher les finances de l'entreprise publique et se révèle inefficace pour répondre aux besoins énergétiques du pays.

C'est contre cette dernière décision de privatiser une partie de la production que les employés de la Jirama se sont mis en grève, exigeant que l'État donne enfin les moyens à la Jirama d'assumer sa fonction de service public, et menaçant de couper, en guise de protestation, plusieurs ministères dont celui des Finances... et de l'Énergie !

CONTRATS D’APPRENTISSAGE : UNE AUBAINE POUR LES PATRONS

Hier la Région, la chambre des métiers, la chambre de commerce et le rectorat ont signé ensemble des contrats d’apprentissage à l’Hôtel Créolia. Tous se réjouissent de l’augmentation cette année du nombre d’apprentis par rapport à 2014 ; pas loin de 1500 contrats de plus que les 4459 de l’an dernier.

Aux dires des représentants des organismes signataires, les contrats d’apprentissage sont une vraie chance pour les jeunes qui veulent s’insérer sur le marché du travail.

Si l’apprentissage est pour quelques jeunes une possibilité de se former dans l’espoir de trouver un emploi, ce type de contrat est surtout un moyen pour les patrons de disposer d’une main-d’œuvre gratuite, du moins pour les moins de 21 ans, prise en charge par la Région et l’État. C’est l’opération « coût zéro » mais …profits maximum pour les patrons !

Mais non contents de profiter de ces jeunes travailleurs, les patrons se payent le luxe de leur faire en plus la morale.

Ainsi, pour les présidents de la chambre des métiers et de la chambre de commerce le jeune doit « montrer son envie » de travailler et se « battre pour obtenir des jobs » (Quotidien du 18 août 2015).

Les patrons eux, par contre, n’ont pas beaucoup d’efforts à fournir pour ramasser l’oseille !

ÇA ROULE POUR LES TRANSPORTEURS !

Les transporteurs vont signer fin août un « accord historique » avec le fabricant de béton Holcim, selon le président du principal syndicat patronal des transports routiers, la FNTR.

Le président de la FNTR qui obtiendrait, entre autre, une valorisation tarifaire avec un minimum garanti de 340 euros par jour, une augmentation de 25% des tarifs de nuit, le paiement d’un forfait de 70 euros au delà de 9 heures de travail, parle d’une « avancée majeure » et dit pouvoir « travailler en toute tranquillité ».

Ce patron qui ne sait pas ce que veut dire « travailler » mais plutôt profiter du travail de ses employés qu’il exploite et insulte va, comme ses congénères, s’en mettre plein les poches.

Les travailleurs du secteur ne doivent donc pas se gêner pour réclamer leur part !

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