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Publié par la cgtr

Bulletin de l'URE CGTR du 8 septembre 2015

TOILETTAGE DU CODE DU TRAVAIL : QUAND HOLLANDE ET LE PATRONAT VEULENT LESSIVER NOS DROITS

Lors de sa conférence de presse du 7 septembre, François Hollande a déclaré souhaiter une réforme rapide du Code du Travail pour plus de « lisibilité ».

Il s’est appuyé sur le rapport livré par l’ancien directeur du Travail, Jean-Denis Combrexelle, et les réflexions de deux clubs de réflexion, l’un de droite et l’autre proche du PS, qui tous préconisent de donner plus de liberté aux patrons en les exonérant de toutes les contraintes encore contenues dans le Code du Travail concernant le temps de travail, le contrat de travail et le salaire minimum.

Remise en cause de la loi des 35 heures, possibilité de licencier sans justification, de payer les salariés en dessous du Smic, de diminuer les salaires, les indemnités de licenciement, voilà le programme que ces gens-là veulent imposer aux travailleurs avec l’assentiment du gouvernement socialiste.

Ils ont déjà obtenu gain de cause pour une bonne partie de leurs exigences avec les dispositions contenues dans l’ANI début 2014, et plus récemment avec la loi Macron. Mais cela ne leur suffit pas. Ils veulent à présent que les accords d’entreprise puissent prendre le pas sur les dispositions collectives contenues dans le Code du Travail.

Pour mieux faire avaler ces reculs sociaux, ils déclarent vouloir y associer les syndicats dans les entreprises où ils existent et dans celles où ils sont absents recourir à des référendums parmi les salariés. On imagine les pressions que les patrons n’hésiteront pas à utiliser pour obtenir l’assentiment de certaines organisations de salariés et le chantage (à l’emploi, aux licenciements) qu’ils exerceront contre les salariés récalcitrants.

Donner la primeur aux accords d’entreprises sur le Code du Travail, c’est revenir des décennies en arrière. Ce que des générations de travailleurs et de militants ont eu tout le mal du monde, par la lutte, à obtenir, patrons et gouvernement, main dans la main, veulent aujourd’hui le démolir, l’abolir.

Ne laissons pas faire ! Et faisons entendre notre rejet catégorique de ce sale projet en préparant activement la grève du 8 octobre !

ILLUSTRATION

En France, dans l’usine qui construit les voitures Smart, à Hambach en Moselle, le patron a décidé d’organiser un référendum parmi les ouvriers pour leur demander d’accepter une augmentation du temps de travail de 35 à 39 heures… mais payées 37 !

Ce capitaliste prétend ainsi rendre son entreprise plus compétitive face à la concurrence étrangère… en diminuant le salaire horaire de ses salariés.

Ces derniers ont fait savoir qu’ils refusaient cette perspective. Certains disant que s’il fallait travailler plus, ce n’était pas pour gagner moins, et que s’il y avait des commandes supplémentaires en ce moment (les ventes de voitures ont augmenté de 10 % en 2015 par rapport à 2014 en France), leur patron n’avait qu’à embaucher. La plupart ont aussi ajouté que si leur patron voulait passer en force, ils étaient prêts à se mettre en grève. Excellente réaction de leur part !

Cet exemple montre en tout cas ce que les patrons ont en tête quand ils nous parle d’améliorer la compétitivité, c’est ni plus ni moins que d’augmenter l’exploitation des travailleurs.

Comme ceux de la Smart, il faut dire non !

LES SALARIÉS D’ORANCE MAYOTTE EN GRÈVE DEPUIS 6 SEMAINES

La majorité des 32 agents d’Orange Mayotte sont en grève depuis le 27 juillet. Ils exigent que leur direction respecte son engagement de leur verser une prime mensuelle de vie chère de 120 € avec effet rétroactif depuis 2012.

Au lieu de cela, la direction d’Orange a décidé d’employer la manière forte. Elle a fait appel à la police pour emmener plusieurs grévistes au poste et ce matin une vingtaine d’entre eux sont convoqués au tribunal de grande instance de Mamoudzou pour entrave à la liberté du travail. Les grévistes ont fait constater par huissier que celle-ci était respectée.

En fait la direction d’Orange enrage devant la détermination du personnel à se faire respecter. Cette grève la gêne parce qu’elle est totale et lui occasionne un manque à gagner important. Elle s’imagine peut-être qu’elle fera reculer les grévistes par la répression. Elle se trompe.

Les travailleurs d’Orange Mayotte sont dans leur droit de se défendre contre un patron rapace et qui brasse des millions.

La CGTR est solidaire du combat mené par ces camarades.

FORMATION AU TRAVAIL : OBLIGATOIRE !

Malgré l’existence du DIF et du CIF, et l’obligation des employeurs de faire bénéficier leurs salariés de formations internes à leurs entreprises, nombre de travailleurs ne bénéficient jamais de ces dispositifs. De ce fait, ils ne peuvent entrevoir aucune évolution, aucune reconnaissance de leurs capacités et donc les faire valoir auprès de leurs patrons pour obtenir une revalorisation de leurs salaires.

La cour de Cassation dans un arrêt récent (Cass. Soc. n° 1090 du 24 juin 2014) a décrété que tout salarié doit avoir droit effectivement à une formation pendant sa vie de travail et qui, si tel n’est pas le cas, il a droit à des indemnités car il subit nécessairement un préjudice de fait.

À faire valoir pour qui de droit !

CHAMBRE D’AGRICULTURE : AUX CAPITALISTES DE PAYER !

Pour faire face aux difficultés financière de la Chambre d’Agriculture, Jean-Yves Minatchy, vice-président de la Chambre d’Agriculture, propose de renflouer le budget de l’institution en ponctionnant 2,5 millions d’euros sur les 390 millions d’octroi de mer perçu sur les produits d’importation à la Réunion.

Une façon comme une autre de dire que c’est aux contribuables de pallier l’insuffisance de budget de la chambre qui découle de la diminution du financement public (Etat, Europe, Conseil général).

Pas question pour lui de solliciter gros planteurs et usiniers qui auraient largement les moyens de financer l’organisme dont l’activité est principalement tournée vers la canne à sucre et dont ils bénéficient, les uns comme les autres, des retombées, sans compter la manne des fonds publics dont ils profitent largement.

LES PATRONS À LA CAISSE !

À la Réunion, le patronat est redevable d’une dette sociale et fiscale de 1,2 milliards d’euros. La dette sociale seule est de 990 millions.

Imposer aux patrons de lui rembourser cette somme permettrait de renflouer illico la caisse réunionnaise de Sécurité sociale. Qu’attendent le gouvernement et l’Etat pour le leur imposer ?

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