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Publié par la cgtr

Bulletin de l'URE CGTR du 15 mars 2016

L'URE A RÉUNI SES MILITANT(E)S À L'OCCASION DU 8 MARS

Une bonne trentaine de travailleurs et travailleuses (la majorité) se sont réunis mardi 8 mars au local de l'URE-CGTR pour écouter l'exposé d'une enseignante du lycée professionnel Patu de Rosemont sur les luttes féministes menées depuis plus d'un siècle. Les causes de la discrimination des femmes ont été clairement établies. Elles sont à chercher du côté de la division du travail et de la prise du pouvoir imposée par les hommes au sexe féminin, mais aussi de la société d'exploitation capitaliste.

Les femmes ont vécu dans l'ombre des hommes pendant des siècles avec la complicité des pouvoirs politiques et religieux. Cet ordre a été cependant bousculé par les révolutions françaises de 1789 et 1848 et surtout sous la Commune en 1871 où, pour la première fois, la classe ouvrière prit le pouvoir et des mesures immédiates en faveur des femmes : interdiction du travail de nuit pour celles-ci, à travail égal même salaire que celui des hommes, droit à l'éducation, mais période qui fut surtout marquée par la participation active des ouvrières à la lutte politique.

Ces avancées gagnées par la lutte seront freinées voire démolies par la répression bourgeoise dont seront victimes les Communards. Elles trouveront leur suite dans les luttes menées par les militant(e)s des syndicats et partis ouvriers et par les féministes luttant pour le droit de vote des femmes au début du 20ème siècle.

En 1910, à l'initiative de la militante socialiste Klara Zetkin, l'Internationale Socialiste décide de faire du 8 mars la journée internationale de lutte des femmes. Mais c'est surtout en participant activement à la révolution ouvrière de 1917 que les femmes russes se libèreront du carcan dans lequel tsar puis bourgeoisie les avaient enfermées pendant des siècles. En participant directement aux délibérations et aux décisions des nouveaux organes de pouvoir (les soviets), elles agissaient à égalité avec les hommes, obtenaient l'accès aux études et au travail dans toutes les disciplines, le droit à l'avortement et à la contraception, le droit au divorce et à l'union libre, le droit à ne pas porter le voile dans les régions à majorité musulmanes, la construction de crèches, etc.

Dans les pays capitalistes, les femmes ouvrières continueront par contre à subir la double exploitation : en tant qu'exploitées et en tant que femmes. En France le droit de vote ne leur sera octroyée - par De Gaulle - qu'en 1945 (la Gauche, frileuse, s'y était refusée en 1936), le droit de travailler sans l'autorisation de leur mari seulement en 1965 et elles n'obtiendrons le droit à l'avortement et à la contraception, après des années de lutte, qu'en 1975. A ce propos, il a été rappelé que dans les années 1960 alors que le gouvernement pourchassait et faisait condamner en métropole les femmes voulant avorter et les médecins pratiquant l'interruption de grossesse au nom du repeuplement de la France, à la Réunion, il encourageait les femmes à utiliser les moyens de contraception tel que les injections trimestrielles d' AMPR et d'EN NET, produit non homologués aux Etats-Unis et utilisés dans les pays du tiers monde, réduisait leurs allocations familiales, menait une campagne chez les jeunes travailleurs pour qu'ils migrent en France (Bumidom), afin de limiter les naissances et de lutter contre la surpopulation !

Aujourd'hui les femmes sont toujours payées, à travail égal et en moyenne, 20 % de moins que les hommes. C'est parmi les femmes qu'on retrouve la plus grande proportion d' emplois précaires. Ces inégalités ne profitent qu'aux patrons, car elles contribuent à ramener les salaires vers le bas. Ce sont aussi les femmes qui font le plus de « journées doubles » (travail salarié + travaux ménagers, éducation des enfants). Celles qui sont le moins représentées dans tous les organismes et assemblées... et pourtant elles représentent la moitié de la population. Ces injustices doivent être dénoncées et battues en brèche, et dans ce combat pour l'égalité homme-femmes, la CGTR doit être aux avant postes !

* * *

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, nous leur indiquons quelques livres en rapport avec le sujet :

  • Ainsi soit-elle de Benoîte Groult (dénonciation des violences faites aux femmes)
  • le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir (sur les causes de l'infériorisation des femmes)
  • les filles d'Héva de Clélie Gamaleya (histoire des femmes réunionnaises depuis les débuts de la colonisation)

NAO BTP 2016 : LE PATRONAT NE VEUT RIEN LÂCHER

À l'issue des dernières séances de NAO, les syndicats patronaux FRBTP et CAPEB ont annoncé aux organisations syndicales de salariés qu' « au vu des difficultés rencontrées par la branche, ils étaient dans l'incapacité d'augmenter les salaires cette année » ajoutant même en guise de provocation qu'ils ont déjà fait un geste en mettant en place la complémentaire santé pour les salariés et leurs familles.

Les patrons viennent pleurer misère, mais l'activité du BTP a progressé de 4,7% à la Réunion en 2015. Ils continuent aussi à bénéficier de toutes les exonérations contenues dans les lois pour l'outre-mer, du CICE bonifié à 9 % et réalisent plus de 90 % de leur chiffre d'affaire avec la commande publique dont ils tirent de confortables profits... qu'ils ne veulent surtout pas partager avec leurs travailleurs.

Cette fin de non recevoir qu'ils opposent aux organisations ouvrières est une pirouette et une insulte aux 16 000 salariés de la branche. Parions que si ces derniers décidaient de se mobiliser massivement et menaçaient de fermer tous les chantiers, Syriex et compagnie trouveraient en vitesse les moyens d'augmenter les salaires !

À BAS LA LOI TRAVAIL ! MOBILISATION GÉNÉRALE POUR LA JOURNÉE DU 31 MARS !

Les manifestations d'étudiants, de lycéens et de travailleurs contre la loi Travail ont regroupé en France des dizaines de milliers de participant. La presse a fait le constat qu'on avait pas vu une telle mobilisations depuis les manifestations étudiantes contre le Contrat Première Embauche en 2006 qui s'étaient terminées par un recul du gouvernement De Villepin qui décida d'abroger le texte déjà voté à l'assemblée nationale !

Suite à ce premier succès des opposants au projet de la ministre du travail El Khomri, le gouvernement a déclaré qu'il était prêt à modifier son projet de loi, qu'il serait à nouveau rediscuté en conseil des ministres le 24 mars, mais qu'il n'était pas question pour lui de le retirer. Le patronat, par la voix du Médef, soutient à 100 % le projet gouvernemental et demande qu'il soit voté en l'état, tant il correspond à ses intérêts. C'est dire !

La menace reste donc entière. Ce projet de loi rappelons-le, s'il passait, permettrait au patronat de rallonger la semaine de travail bien au-delà des 35 heures, jusqu'à 60 heures avec l'autorisation de l'inspection du travail. Il permettrait aux patrons de faire travailler les apprentis, donc des jeunes de 16 ans, 40 heures par semaine au lieu de 35 heures actuellement ; il permettrait aux patrons de fractionner le repos de 11 heures, jusqu'à présent consécutives, entre deux journées de travail, de plafonner les indemnités pour licenciement abusif à 15 mois de salaire, de moduler le temps de travail sur 3 ans et de reculer d'autant le paiement des heures supplémentaires, de permettre aux accords d'entreprise de prendre le pas sur les accords de branche et le Code du Travail. Il permettrait aux entreprises « en difficulté » de diminuer les salaires jusqu'à 20 %. En un mot, ce serait la porte ouverte à une déréglementation totale du droit du travail et l'affaiblissement des salariés face aux patrons.

C'est pourquoi la mobilisation du 9 mars ne peut s'arrêter là. Elle doit trouver sa suite et décupler son ampleur dans la grève et les manifestations du 31 mars auxquelles appellent les organisations étudiantes et lycéennes, mais aussi les syndicats de salariés tels que la CGT, FO et Solidaires.

Face à cette attaque en règle du patronat et du gouvernement à son service, il faut organiser la riposte. Préparons activement la journée de grève du jeudi 31 mars ! Tous ensemble !

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