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Publié par la cgtr

Bulletin de l'URE CGTR du 5 avril 2016

LOI EL KHOMRI : LA LUTTE CONTINUE !

Le 31 mars l'appel à manifester de l'Intersyndicale contre la loi El Khomri a été un succès puisque le nombre des manifestants a doublé en France par rapport à la journée du 9 mars et qu'à la Réunion les deux manifestations de Saint Denis et Saint Pierre ont rassemblé plus de 6000 jeunes et travailleurs dans la rue.

Pour autant le gouvernement n'a toujours pas reculé. Les principales attaques contre les droits des travailleurs figurent toujours dans son projet de loi (liberté de licencier pour les patrons, plafonnement des indemnités de licenciement, augmentation de la durée maximale du travail, fractionnement du repos quotidien, possibilité de réduction des salaires et des majorations pour heures supplémentaires, prévalence des accords d'entreprise sur les accords de branche et le Code du Travail, etc.).

La menace reste entière et elle vise l'ensemble des salariés et la jeunesse. Il n'est pas question de relâcher l'effort de mobilisation pour obtenir le retrait de ce projet de loi qui nous ferait revenir 100 ans en arrière.

C'est pourquoi l'Union Régionale Est de la CGTR appelle les travailleurs et tous ses militants à manifester à nouveau samedi 9 avril contre ce texte en se rassemblant massivement devant la préfecture à Saint Denis à 9 heures.

Camarades, au travail ! Tous ensemble nous pouvons faire reculer Médef et gouvernement !

DÉMAGOGIE QUAND TU NOUS TIENS...

Sarkozy, président du parti de droite Les Républicains, l'homme qui avait augmenté son salaire de 170 % (de 7000 à 18 700 €) en accédant à la présidence de la République en 2002, a déclaré à la presse qu'il était pour la suppression de la prime de vie chère des fonctionnaires. Si cette mesure était mise en place, cela permettrait à l'Etat de réaliser une économie d'un milliard d'euros par an.

Cette idée est défendue tour à tour par tous les grands partis de droite et de gauche (ici les Républicains, le PS et le PCR). Malgré les dénégations d'Ericka Bareigts et Monique Orphée, respectivement secrétaire d'Etat et députée PS, cette mesure fait partie aussi des objectifs de leur parti. Lurel, ex-ministre d'Outre-Mer de Hollande et chargé par celui-ci de rédiger un rapport sur l' « Egalité réelle » défend aussi cette perspective.

Si cela était, cela reviendrait à diminuer les salaires d'une grande partie des travailleurs des DOM puisque 160 000 seraient concernés. Cela contribuerait aussi à désigner ces derniers comme des privilégiés responsables de la vie chère dans ces territoires.

En visant les fonctionnaires, tous ces politiciens qui, par ailleurs, piochent allègrement dans les deniers publics pour arroser, à fonds perdus, le patronat des DOM, espèrent détourner la colère des travailleurs du privé et des chômeurs des vrais responsables de la vie chère et des bas salaires, et du chômage, des entorses faites au Code du Travail et aux conventions collectives, que sont les patrons.

En fait leurs déclarations ont pour but de complaire au patronat et à tout ce que la société compte de gens hostiles aux travailleurs et aux services publics.

Les travailleurs ne doivent pas tomber dans le piège de la division entre travailleurs du secteur public et du secteur privé. Ils doivent concentrer toute leur énergie pour faire payer le patronat et pour obliger l'Etat à développer les services publics, pas à les étrangler !

BIS !

Monique Orphé propose que les conventions collectives françaises soient (enfin!) appliquées à la Réunion... mais au terme de négociations qui pourraient durer trois ans. Une tentative d'apparaître comme soucieuse des intérêts des travailleurs de la Réunion.

Le hic, c'est que le gouvernement qu'elle soutient, se prépare à faire voter un projet de loi qui donnera la primeur aux accords d'entreprise sur les accords de branche.

Si cette loi est votée, le patronat disposera donc d'une arme supplémentaire pour s'exonérer d'appliquer les accords nationaux de branche et lui offrira même la possibilité de remettre en cause les rares conventions collectives étendues à la Réunion.

DANS LES ENTREPRISES, DES GRÈVES QUI SE MULTIPLIENT

On a vu ces derniers jours les pompiers cesser le travail pour protester contre l'insécurité qu’ils subissent lors de leurs interventions (caillassage dans certains quartiers), mais aussi pour exiger des locaux neufs.

Lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) dans le BTP (16 000 salariés), le patronat a déclaré qu'il n'augmenterait pas les salaires en 2016 prétextant qu'il avait déjà donné en finançant la complémentaire santé. L'intersyndicale CGTR-FO-CFDT-CFTC appelle les ouvriers à la grève à partir du 6 avril pour 3 % d'augmentation.

Au Conseil général, la colère gronde contre la présidente et une grève est prévue le 7 avril pour protester contre la maltraitance au travail et exiger des effectifs supplémentaires.

À la Semitttel (entreprise de transport de personnes) à Saint-Pierre, le mécontentement monte parmi les travailleurs suite aux maigres résultats des NAO. La CGTR a déposé un préavis de grève pour le 5 avril.

D'autres travailleurs sont d'ores et déjà entrés en action. À la BNP-Paribas, la grève a commencé le 1er avril et continue toujours, suivie à 95 %, pour obtenir une augmentation de salaire de 100 euros nets et une prime annuelle de 2 000 €. Les grévistes ont rappelé que la banque avait réalisé 10 millions de bénéfices en 2014 et 12 millions en 2015. Malgré cela, la direction a le culot de mettre sur pied un prétendu plan de sauvegarde de l'emploi ramenant l'effectif de 270 à 230 en trois ans !

Enfin, chez Nicollin (entreprise de collecte d'ordures ménagères), les travailleurs ont également commencé leur grève le 1er avril et la poursuivent. Ils protestent contre les réquisitions d'office suite à jours fériés, contre le retard pris par la direction dans la mise en place de la subrogation en cas d'arrêt maladie et pour qu’à chaque camion de ramassage des déchets verts soit affecté un ripeur en plus du chauffeur.

Les grévistes en ont assez des économies qu’impose leur richissime patron, tout comme celles que la communauté des communes de l'Ouest fait supporter à la population en diminuant les collectes hebdomadaires et en augmentant la taxe des ordures ménagères de 5 % !

C’est par les grèves et les manifestations que les travailleurs pourront se faire entendre et obtenir gain de cause.

PANAMA PAPERS : LE SCANDALE, C’EST LE SYSTÈME CAPITALISTE !

La presse internationale vient de faire ses gros titres sur un système international d’évasions fiscales impliquant 12 chefs d’Etat (dont certains « amis de la France », tels le roi d’Arabie Saoudite et l’ancien émir du Qatar), des politiciens de tous bords, des sportifs, des personnalités connues, mais surtout 14 000 sociétés et banques.

Ces révélations ne fait que confirmer ce que nous savions déjà concernant la pourriture du système capitaliste où tout est opaque, où une minorité de grands possédants s’arrogent tous les pouvoirs et toutes les richesses. C’est cette grande bourgeoisie qui a accumulé sa fortune sur l’exploitation des travailleurs du monde entier qui, en plus, magouille pour échapper à l’impôt et préconise de surcroît l’austérité pour les travailleurs

Alors tant que les travailleurs n’auront pas retiré ce pouvoir à la bourgeoisie, tant que le système capitaliste sera debout, on continuera à assister à de tels scandales, car c’est son fonctionnement même qui les génère.

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