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Publié par la cgtr

Chaque mardi, de 18H00 à 19H30, l’Union Régionale Est CGTR organise dans son local une réunion d’information et de discussion sur les problèmes rencontrés par les travailleurs. Venez  nombreux !

Chaque mardi, de 18H00 à 19H30, l’Union Régionale Est CGTR organise dans son local une réunion d’information et de discussion sur les problèmes rencontrés par les travailleurs. Venez nombreux !

PATRONS, OUVRIERS : NOUS NE SOMMES PAS SUR LE MÊME BATEAU

À trois jours de l’assemblée générale du BTP, Bernard Siriex, le président de la fédération patronale du BTP, pousse son cri pour attirer l’attention des « donneurs d’ordre » sur la situation de ce secteur et formule les demandes des patrons qu’il représente.

Siriex, se lamente de la baisse du chiffre d’affaires du bâtiment et des travaux publics qui serait passé de 1,3 milliards d’euros en 2016 à 2,2 milliards en 2008. Il prend en grippe l’État et les collectivités qui, selon lui, ne mettent pas assez d’argent public sur la table pour la construction à La Réunion.

Certes l’État et les collectivités locales réduisent de plus en plus leur participation financière, notamment la Ligne budgétaire unique qui sert surtout à la construction de logements. Mais ce que le patron de la FRBTP omet de dire c’est que si les fonds qui devraient être consacrés à la construction de logements, d’écoles, d’hôpitaux, des voies pour les transports en commun, etc. diminuent, c’est parce que les milliards nécessaires à toutes ces réalisations sont dévoyés dans les poches des capitalistes sous forme de subventions diverses, de défiscalisation, de CICE, des baisses de cotisations sociales, etc. et dont ceux-ci profitent sans se rassasier et surtout sans réinvestir, ou si peu, dans la création d’emplois.

Siriex fait semblant de s’inquiéter de la diminution du nombre de travailleurs dans le BTP qui est passé en neuf ans de 25 000 à 17 000.

Mais qui sont les principaux responsables de cette situation, si ce n’est les patrons dont il fait partie, qui licencient, imposent toujours plus d’heures supplémentaires aux salariés, accentuent la précarité d’emplois en usant et abusant des CDD ou autres contrats de fin de chantier ?

Les capitalistes du BTP proposent-ils de prendre sur les profits qu’ils ont accumulés pour créer ou maintenir les emplois, améliorer les conditions de travail, augmenter les salaires ?

Bien sûr que non. Au contraire, ils se permettent de réclamer encore la baisse du « coût » du travail, des impôts sur les sociétés et sur les revenus. Ils souhaitent une TVA à 15% comme à Maurice.

Bernard Siriex se plaint que le BTP est à « l’agonie ». Ce sont les travailleurs qui le sont, pas les patrons de son genre !

Les travailleurs et la population réunionnaise n'ont rien à attendre des patrons et des gouvernements qui ne pensent qu'en termes de rentabilité financière. Pour la CGTR, la seule façon de donner un emploi aux chômeurs du BTP et de répondre aux attentes de la population, c'est qu'ils fassent entendre leur colère et leurs revendications.

 

MACRON, UN CANDIDAT DU PATRONAT

Siriex et d’autres patrons de même acabit ont été invités à la table de déjeuner du candidat aux présidentielles, Emmanuel Macron, venufaire sa campagne électorale dans l’île le week-end dernier.

Ces patrons qui se targuent de ne «pas faire de politique » ont en revanche présenté leurs exigences à l’ancien ministre de l’économie qui les a si bien servis quand il était dans le gouvernement de Hollande en contribuant à démolir les dispositions favorables aux travailleurs du Code du Travail, en permettant aux patrons du commerce d'imposer le travail du dimanche à leurs salariés déjà surexploités. Celui qui injuriait les militants CGT mobilisés contre la loi Travail en leur disant que « si ils veulent se payer un costard, ils n'ont qu'à bosser ! », ce représentant de la banque Rotschild, a concocté pour ses amis patrons un menu à leur goût.

En effet, Macron veut « simplifier les règles concernant le droit du travail », c’est-à-dire aller au-delà de la loi qui porte son nom, de la loi Rebsamen ou encore de la loi El Khomri afin de pousser encore plus loin l’exploitation des travailleurs dans les entreprises et accentuer la précarité de l’emploi. Il voudrait réviser la Constitution afin de donner « plus de souplesse » administrative à La Réunion en transférant des compétences réglementaires aux collectivités pour adapter les lois ou d’autres mesures en faveur de capitalistes.

Celui qui prétend ne pas être venu à La Réunion pour parler de subventions propose de baisser (encore !) les impôts et les charges des entreprises. Aux industriels de la canne et du sucre, en l’occurrence le groupe Tereos, Macron jure qu’il tiendra les engagements pour l’octroi des 38 millions.

Mais aux travailleurs il propose, pour lutter contre la vie chère, de baisser les cotisations salariales, autrement dit, ce seront aux salariés de s’auto-augmenter en prenant sur une partie de leur salaire différé qui est versée aux caisses de la Sécurité sociale et qui sert à se soigner, à toucher la retraite.

Macron promet donc des cadeaux aux plus riches et l’austérité aux classes populaires. Ce à quoi s’oppose la CGTR.

 

LE MEDEF TEL QU'EN LUI-MÊME

Le Médef est, nous dit la presse, finalement d'accord pour augmenter ses cotisations à la caisse d'indemnisation chômage de 0,05 points. Si avec un tel « effort » l'assurance chômage ne retrouve pas des couleurs, on se demande qui peut la sauver...

Mais c'est tout de suite après pour exiger en retour la suppression de la surtaxation des CDD de moins d'un mois et une baisse de 0,05 points de la cotisation des entreprises à l'AGS.

Récupérer de la main droite, même plus, ce que la main gauche semble donner, on retrouve là la vraie nature du patronat : tous les stratagèmes sont bons pour gagner plus sur le dos des travailleurs !

 

LES TRAVAILLEURS GUYANAIS FONT ENTENDRE LEUR COLÈRE

Depuis une semaine, tous les grands axes routiers de Guyane sont bloqués par des barrages, le pas de lancement de la station spatiale n'est plus en mesure d'envoyer ses fusées dans l'espace, les avions ne peuvent ni décoller, ni atterrir, la grève générale a été décrétée à partir du lundi 27 mars par les 37 syndicats composant la centrale syndicale Union des Travailleurs Guyanais.

La population, les travailleurs de Guyane n'en peuvent plus d'être ignorés par le pouvoir parisien depuis des décennies. L'État français et les grandes entreprises françaises bénéficient des retombées financières considérables de la station spatiale de Kourou, mais l'hôpital de Cayenne n'arrive plus à fonctionner par manque de fonds suffisants. Une grande partie de la jeunesse quitte l'école sans formation, voire même sans savoir maîtriser les rudiments éducatifs. L'économie est atone et sous l'emprise des exploiteurs locaux (entrepreneurs, propriétaires immobiliers) qui font flamber les prix alors que le pouvoir d'achat de la population est au plus bas. 50 % des Guyanais vivent avec des revenus inférieurs au minimum de pauvreté.

La misère dans laquelle doit vivre une grande partie de la population génère comme partout la délinquance et les crimes. Les vrais responsables de cette situation sont à chercher chez les exploiteurs et auprès de l'État français. Cette situation d'insécurité a été exploitée localement par un groupe appelé les « 500 frères » dirigé par un ancien policier qui en font porter la responsabilité aux pauvres immigrants venus des pays limitrophes ou voisins tels le Suriname, le Brésil, Haïti ou la Dominique.

Cette campagne anti-immigrés a été relayée en France par les dirigeants d'extrême droite racistes tels ceux du Front national, mais aussi par Dupont Aignan, Fillon et même Hollande. Tellement facile de monter les victimes du système contre d'autres victimes. Pure démagogie, mais combien dangereuse pour les travailleurs qui, au contraire, ont tout intérêt à s'unir contre leurs exploiteurs communs.

En tout cas, la mobilisation d'une grande partie de la population guyanaise a obligé le gouvernement à lâcher tout de suite 60 millions pour réduire la dette de l'hôpital. Le premier ministre, de même que la ministre des DOM, qui se refusaient à envoyer une délégation interministérielle en Guyane pour négocier sur place ont dû finalement s'y plier.

L'on voit ainsi ce que l'action collective est capable de débloquer. La population guyanaise a tout intérêt à continuer à utiliser le rapport de force, seul à même de faire plier l'État et le patronat. La CGTR apporte tout son soutien aux travailleurs guyanais en grève et à sa jeunesse révoltée contre l'injustice.

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