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Publié par la cgtr

« Nous, ouvriers agricoles de l’entreprise eRcane sommes en grève depuis le 18 juillet. Nous revendiquons un salaire net de 1500 € net… Comment se nourrir, payer son loyer, ses factures, etc. quand on gagne 1100 ou 1200 euros ? … Nous en avons ras-le-bol de la surexploitation ! » Voilà ce que déclaraient les ouvriers agricoles d’eRcane dans le tract qu’ils ont distribué jeudi et vendredi devant la plate-forme de Bois Rouge à Saint André Ayant travaillé pendant plus de 15 ans dans cette structure de recherche et de valorisation de la cane, ils sont toujours au SMIC et parfois obligés de s’endetter auprès de… leur patron pour pouvoir boucler leurs fins de mois ! Ça ne pouvait plus durer et ils ont décidé de dire assez et de réclamer leur dû en se mettant en grève à une quinzaine (sur 90). Il a fallu attendre le deuxième jour de grève pour que leur directeur daigne remarquer leur présence et s’adresser à eux, mais pour leur répéter que l’entreprise n’avait pas les moyens d’aller au-delà des 2,4 % d’augmentation des salaires concédée au 1er juillet, prétextant qu’il y avait « un trou à boucher » dans le budget d’eRcane. Un déficit estimé à 1,4 millions d’euros selon les dires de ce monsieur ce jour-là, qui est passé à 900 000 euros le jour suivant. Comprenne qui pourra ! Constatant que la porte de la direction était fermée à la négociation, les grévistes sont alors allés se poster devant la balance de l’usine sucrière de Bois Rouge, estimant à juste titre que la clé de leur problème se trouvait là, puisque le groupe capitaliste Tereos (302 millions de bénéfices en 2011 !), le propriétaire des lieux, est aussi le principal financeurs d’eRcane. Ils ont remis cela vendredi 20 dès 6 heures du matin ralentissant de fait la livraison des cannes à l’usine qui commence sa campagne. Les dirigeants de Tereos n’ont pas tardé à se montrer et ont tout de suite déclaré qu’ils n’étaient pas concernés par ce conflit qui devait être réglé avec la direction d’eRcane. Les grévistes ont alors demandé pourquoi les fiches de paie sortaient des bureaux de Tereos ? Comme les grévistes ne quittaient pas les lieux et que les chargements de cane s’accumulaient, la direction de Tereos a alors fait appel à la gendarmerie et à l’huissier. Les ouvriers de Bois Rouge avaient eu droit aux mêmes intimidations lorsqu’ils déclenchèrent leur grève pour les salaires en septembre 2006. Toujours les mêmes méthodes anti-ouvrières ! Vinrent ensuite le préfet de Saint Benoît et l’inspection du travail. C’est fou ce que 15 ouvriers en grève peuvent mobiliser de « décideurs » ! La négociation ne commença qu’en fin de matinée en leur présence, mais aussi de celle des dirigeants de Tereos… qui font tout simplement partie du conseil d’administration d’eRcane. Seuls les représentants de l’union Est CGTR ne purent pas participer aux débats. Au bout de trois heures de négociations, la direction se refusait toujours à augmenter les salaires de plus des 2,4 % de juillet, elle ne concédait aux grévistes qu’une date d’application portée au 1er février, ce qui correspond à un rappel de 150 € environ. Elle acceptait aussi que soit mise en place une grille des salaires, que les trois jours de grève soient récupérés et que le dirigeant de la grève, militant CGTR, puisse participer, pour l’instant en tant qu’observateur, aux réunions du comité d’entreprise. C’est sur ces résultats que les grévistes décidèrent de reprendre le travail… lundi 23. Même si le résultat de la grève est loin du compte, les grévistes d’eRcane auront fait la démonstration que le temps de la peur était révolu, qu’eRcane et derrière lui Téréos devront dorénavant compter avec eux. Ils ont montré la voie à suivre pour tous ceux qui ne s’en sortent plus avec ces salaires de misère : par la lutte ! Honneur à eux !

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