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Publié par la cgtr

Dès 2008, la CGTR exprimait sa vision d’une crise profonde et globale (sociétale), de son aggravation de plus en plus rapide, et de notre temps de réponse écourté, notre réalité de petite ile en rajoutant comme accélérateur. Se profile le scénario où arrivent en même temps et au même lieu tous les problèmes non résolus, et à résoudre dans un temps sans arrêt raccourci. La notion d’Urgence Sociale est mésestimée du fait d’une incapacité flagrante à anticiper et à appréhender les temporalités et pour diverses autres raisons dont le courttermisme du capital. Lors de la réunion du Service Public de l’Emploi Régional (SPER) du 24 septembre 2009, de façon plus solennelle lors de notre 11è congrès des 18, 19 et 20 novembre 2010, la CGTR proposait une « cellule de crise » outil prenant en compte tant le structurel que le conjoncturel ; les court, moyen et long termes. Une partie croissante de la population a besoin impérieusement de réponses de très court terme, empêchant tant de travailleurs de (re)tomber dans le cercle vicieux de l’exclusion, qui ne s’ébauchent même pas. Cela empêche l’appropriation des moyen et long termes. « Goni vide y tien padbout ». Le chiffre (de la perte d’emplois) de par son ampleur fait qualité et pose un problème de société. Ce ne sont pas 100 ou 500 exclus de plus; non l’irruption violente de la crise a frappé une quinzaine de milliers de ménages supplémentaires en 3 ans ! Et toutes catégories confondues, est franchie la barre des 150 000 demandeurs d’emploi. Cela fait un paquet de monde. Et qui ne peut plus payer le loyer, l’alimentation, le prêt, la mutuelle (s’il a la chance d’en avoir une !), la rentrée scolaire et les dépenses précontraintes dont on nous a tant parlé. C’est à un blocage de la société où l’on va, où l’on est. La cellule de crise revendiquée par la CGTR depuis 3 ans déjà visait d’une part, à stopper, autant que faire se peut, la saignée des licenciements (non aux licenciements boursiers, conditionnalité des aides) et d’autre part, à accompagner socialement les salariés soudainement jetés dans la détresse d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Un guichet unique où, pour ne pas perdre leur temps à perdre leur vie et le peu d’argent qu’ils ont, ils pourront être pris en charge de façon humaine, cohérente et globale. Les salariés licenciés ont besoin, en urgence, de gel, d’étalement des leurs dettes commerciales, fiscales et sociales. En attendant que l’activité reparte. Sinon, il reste les huissiers, d’honnêtes gens par ailleurs, à courir par monts et par vaux, « pou tire de lo dan roche ». L’idée de la cellule de crise (outil ad hoc, les outils existants ayant peu de pertinence en période de crise) a aider à la mise en place du HCCP où nos camarades du BTP se sont investis tout en sachant les limites de l’exercice en l’absence d’une réelle relance de l’activité. Tout cela a été dit et plus d’une fois par la CGTR. Cette dernière a rencontré au mieux une écoute républicaine, au pire un mépris de la part des décideurs. Le tropisme de l’économie fait des ravages : en aidant l’entreprise, on aide dit on le salarié ! Eh ben non, la situation d’aujourd’hui le prouve aisément et des nécessaires mesures sociales ne pourront attendre la sortie de crise qui s’éloigne au fur et à mesure des décisions récessives prises par l’Union Européenne au nom de la règle d’or et du Traité de Stabilité, de Cohésion et de Gouvernance qui tabouisent la question salariale. L’irresponsabilité du patronat à la Réunion est écrasante. Nos 40 glorieuses se sont bâties sur un accroissement des inégalités ! La sortie des évènements de mars/avril 2009 a cristallisé les postures suivantes chez les employeurs : -un gros patronat soucieux de calmer le jeu et, grand seigneur, « accordant » la prime de 50 euros …. à valoir sur les négociations salariales suivantes, vidant ainsi cette prime de ce pourquoi elle a été institué (rattrapage des bas salaires) et revenant au statu quo ante ! -un « petit » patronat, moins malin, et montrant plus ouvertement son égoïsme derrière la fallacieuse argumentation des 50 € (soit plus de 60 millions injectés dans l’économie) mettant en péril l’économie réunionnaise ! (ne riez pas : c’est trop grave !). -enfin, cerise sur le gâteau et bouclant la boucle, l’Association Des Maires jouant une fois de plus la sempiternelle rengaine du chantage d’avoir à choisir entre le contribuable et le salarié. La messe était alors dite et la mobilisation prenait fin ! Lors de la campagne présidentielle, Mme Parisot (qui ne manque pas d’air !) prenait ouvertement position pour feu le Président et réclamait du candidat socialiste de l’air pour qu’elle puisse respirer tant la moindre avancée sociale se traduit dans son logiciel par un étouffement de l’entreprise. Les annonces du fraichement élu ministre des outre-mers à la Réunion mettaient en émoi le patronat qui trouvaient les mots durs et immérités à son encontre. Et des subtilités sémantiques apparaissaient entre le monopole normal de celui anormal ! La Conférence « Economique » annoncée par le gouvernement devenait « Economique et Sociale » pour défausser la revendication de la CGTR d’une conférence sociale. Cela ne mangeait pas de pain et le gouvernement par cette pirouette semble nous convier à des EGOM bis. Aujourd’hui, ladite Conférence ne serait plus que « Economique » suite au lobbying de la FEDOM disant sa crainte que (ne riez toujours pas !) que l’Economique soit le supplément d’âme du social ! Le discours du premier ministre annonçant cette conférence sociale faisait dressés les cheveux du patronat tant le risque d’une étatisation de l’économie lui semblait proche. N’ayant pas de mal à se faire du bien, les initiatives des chambres de commerce et des métiers et des « petits » artisans enfonçaient le clou et, sans vergogne, demandaient la possibilité de travailler légalement au noir, de disposer à leur guise de l’argent des salariés et à l’Etat de payer une partie des salaires. De telles positions ajoutent de la confusion à la confusion et tendent à remettre en cause le modèle social républicain. L’évolution dramatique de la situation, les positions égoïstes d’un large spectre du patronat petit et grand, appellent la nécessité d’un zoom sur la situation Sociale à la Réunion, d’un arrêt sur image en dehors des grand mess et de décider de mesures sociales urgentes. Oui, la nécessité d’une Conférence Sociale à la Réunion est une idée pertinente et une revendication forte de la CGTR. Saint Denis le 29 août 2012 Ivan Hoareau CGTR

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