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Publié par la cgtr

Pour un développement solidaire et humain. Pour la satisfaction des besoins sociaux.

 

(contribution de la CGTR, transmis au Préfet dans le cadre de la Conférence Economique nationale du 10 décembre)

 

La Réunion est à un tournant de son histoire. Nous arrivons au bout d’un processus qui appelle un changement de paradigme conciliant l’économique et le social, dégagé de la contrainte de la rentabilité financière et ayant pour but ultime la satisfaction des besoins sociaux.

Les années à venir notamment 2013, 2014, 2015… verront des enjeux extrêmement importants où il faudra, au mieux, saisir les potentialités et diminuer les dangers de fractures sociales toujours plus béantes( Programmes européens, réforme de l’OCM Sucre de l’octroi de mer, APE...).

Ce changement de politique doit s’accompagner (et non s’y résumer) de la nécessaire politique de rattrapage en appliquant une réelle politique de continuité territoriale, sous réserve de la protection de notre production locale. Et ce, à l’instar de la stratégie de l’Union Européenne pour les RUP.

Cette politique nouvelle doit relativiser les vertus de la concurrence encore plus dans une Petite Économie Insulaire et repenser le rôle de l’État dans les domaines économique et social (action sur le smic, transparence et contrôle des prix, lutte contre les monopoles et oligopoles, mise en place d’une banque régionale de développement, contrôle de la bonne application du droit social et économique (application des conventions collectives nationales).


Compte tenu de l’aggravation de plus en plus rapide de la crise, une cellule de crise doit être mise sur pied et la notion d’Urgence Sociale (et donc nécessaire immédiateté des réponses sur ce point) appréhendée dans toutes ses dimensions.

La bonne articulation du court, du moyen, et du long terme est à rechercher dans toute politique. La question des temporalités doit être abordée avec lucidité et responsabilité. Il faut éteindre le feu dans la chambre avant de conforter la maison.

L’insertion dans la société passe par la formation tout au long de la vie, une politique publique volontariste de construction de logements, un emploi et des retraites décents. La lutte contre l’illettrisme doit être la priorité majeure sans laquelle il serait interdit de parler de développement.

A compétence égale, priorité doit être donnée aux réunionnais. Le respect de la dignité des réunionnais passe également par la facilitation de leur accès aux plus hautes responsabilités.

Nos 40 glorieuses se sont accommodées d’un accroissement des inégalités témoignant de l’impérieuse nécessité de répartir autrement les richesses au service de plus de justice sociale et de l’efficacité écommique ; bref,  du développement humain.

Le facteur démographique n’est pas la seule cause du chômage, le type de gestion des entreprises est aussi destructeur d’emplois. Ainsi, les entreprises tendent à privilégier la productivité sur l’emploi et à utiliser la défiscalisation au détriment de l’emploi.

Des changements structurels s’imposent, en particulier en matière de reconnaissance et de valorisation du travail.

La compétitivité globale passe par plus de dialogue social, plus de recherche et d’innovation, plus de formation professionnelle, plus de GPEC, plus de coopération régionale, plus d’accumulation locale du capital. Ce qui est notamment freiné voire empêché par la petite taille de nos entreprises.

La structuration des branches est une mesure impérative et transversale qui répond tant à des impératifs économiques que sociaux.
Elle doit permettre une structuration de notre tissu économique (le rendre plus performant  en agissant sur tous les facteurs de production : capital et travail) et une meilleure représentation juridique de la moitié des salariés qui, dans les petites entreprises, sont privés de tout IRP. L’idée de comité inter entreprises est à travailler.

La mise en réseau des entreprises doit se faire à partir de l’émergence d’un tissu de PME réunionnaises dans des filières existantes ou à construire. Ceci devrait permettre de mieux lutter contre les aléas du marché, la concurrence externe et la pression des grosses sociétés et notamment des Sociétés Transnationales qui ont la main mise sur notre économie.

La moralisation des sous traités devrait, entre autres, empêcher l’exploitation des petites entreprises par les grosses.

Une évaluation des politiques publiques est impérative afin de mieux gérer l’allocation des ressources à des fins de développement.
Les aides publiques doivent être conditionnées à des objectifs de développement, de structuration des branches, d’amélioration de l’emploi, des salaires, des conditions de vie au travail et du dialogue social.

Les politiques de salaires doivent tendre vers toujours plus de convergence et de cohérence.

Entre les secteurs marchand et non marchand, le tiers secteur, assis sur les valeurs de solidarité, de mutualisation et d’entraide, doit prendre toute sa place.

Une réforme fiscale allant vers plus d’impôt direct et de progressivité s’appuyant sur un pôle financier régional est plus que jamais l’ordre du jour.

La question de la représentativité est essentielle tant nous assistons, dans ces moments difficiles et confus, à des naissances multiples de diverses associations prétendant user et abuser de prérogatives qui sont celles des syndicats de salariés et patronaux. La représentativité du monde patronal est une urgence.

Au delà de l’amélioration des droits syndicaux liés à l’entreprise, de nouveaux droits doivent être créés dans l’interprofession et ainsi participer à la reconnaissance pleine et entière du caractère confédéral du syndicalisme français.
Les droits syndicaux doivent être reconnus en tant que tels et ne peuvent être cause de répression patronale qui devient de principe.

La  relance du dialogue social, quasiment inexistant aujourd’hui, passe aussi par le renforcement du syndicalisme.
La nécessité de prendre en compte les fonctions sociales des syndicats devient urgente. Au delà des cotisations, les moyens notamment matériels et financiers nécessaires à l’accomplissement de celles-ci  doivent faire l’objet de discussions/négociations avec le patronat et l’État.

L’insertion de la Réunion dans sa zone géographique est son avenir. Une politique de co développement ne peut s’entendre que dans le cadre d’une harmonisation sociale (strict respect des normes sociales de l’OIT) et fiscale.
Les syndicats doivent participer à un véritable rapprochement des salariés de la zone, et non à leur mise en concurrence entrainant toujours plus bas les conditions sociales.
Quelle place aux travailleurs dans les processus d’intégration régionale en cours ? L’appui des pouvoirs publics dans la mise en application du principe du Tripartisme notamment au sein de la COI est à concrétiser.

NB : Notre présente contribution vient en complément des propositions de la CGT. Elle a pour but de zoomer le contexte local.

PJ : 4 annexes.

 

Annexe 1 - Situation socio eco  Annexe 1 - Situation socio eco 

Annexe 2 Emploi Insertion Form  Annexe 2 Emploi Insertion Form 

Annexe 3 PA Annexe 3 PA

Annexe 4 Dialogue social Annexe 4 Dialogue social

Annexe 5 Pénibilité, précarité et retraites Annexe 5 Pénibilité, précarité et retraites

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